Toulouse Nord

Projet de chaufferie Biomasse

Après des mois de mobilisation, le projet de chaufferie biomasse de la ZAC Grand Matabiau est relocalisé sur la zone économique du boulevard d'Atlanta. Si les riverains du skatepark Ernest Renan ont été "rassurés" par un courrier de Maxime Boyer, ceux du boulevard d'Atlanta, attendent toujours de recevoir des informations de la part de la mairie de Toulouse.

On retrouve donc le même projet (imposer les nuisances de la chaufferie de la ZAC Matabiau à des riverains qui n'en bénéficieront pas) amené avec le même mépris pour les habitants (qui sont pour l'heure informés par les habitants du quartier voisin) dans le même contexte (ZFE en cours de densification, exposition de quartier résidentiel, etc.)... autant dire que c'est reparti pour un tour !

Rassemblement samedi 10 décembre à partir de 10h Place de la roseraie

L'approbation du principe d'une délégation de service public et de ses caractéristiques pour la conception, la création et la gestion du réseau de chaleur et de froid ZAC GRAND-MATABIAU QUAIS D'OC est validée par le conseil métropolitain le jeudi 14 octobre 2021.

Les concertations pour ce projet monumental qu'on connaissait alors sous le nom de TESO (Oui TESO et ZAC Grand Matabiau Quai D'Oc, c'est la même chose !) se sont déroulées de 2016 à 2018. L'alimentation d'un réseau d'eau chaude par l'utilisation exclusive d'une chaufferie biomasse n'y a jamais été discutée. Qui plus est, ni le lieu d'implantation suggéré par la métropole (rue Ernest Renan), ni celui préféré par les industriels qui se sont vu attribuer la délégation (chemin de Gramont) ne se situent dans la ZAC en question.

Au nord de Toulouse, les habitants ont droit à une réunion d'information le 20 octobre 2021. Annoncée à la dernière minute par un courrier (daté du 8 octobre mais reçu bien plus tard) évoquant un projet de création d'un réseau de chaleur et de froid pour le nord de Toulouse, elle rassemble moins d'habitants que de représentants de la mairie. Les rares habitants présents s'entendent confirmer qu'il s'agit d'une simple information : les décisions sont déjà prises. La chaufferie biomasse de la ZAC Matabiau sera installée au nord de Toulouse. Dans un courrier récent le maire évoque 4 réunions publiques (on n'en compte que deux, celle-ci puis celle organisée à la demande du Comité de Quartier pour répondre aux questions des riverains qui découvraient que la centrale serait implantée au coeur de leur quartier...)

Aux réserves exprimés par les habitants, les réponses se résument en gros à : vous vous inquiétez pour rien, de toute façon on n'a pas le choix, les premiers logements à chauffer seront livrés début 2024, il n'y a pas de place sur la ZAC, le temps presse, on n'a plus le temps...

On parle pourtant d'installer un incinérateur polluant dans un tissu urbain soumis à densification caractérisé par une majorité de bâtiments récents équipés en tout électrique, de petits collectifs et de maisons individuelles, tous inadaptés au raccordement à un réseau de chaleur. On parle d'une installation estimée à un montant de 21M d'€ avec un amortissement prévu sur 30 ans.

Chronologie détaillée

14 octobre 2021 - approbation par le conseil de Toulouse Métropole du principe d'une délégation de service public et de ses caractéristiques pour la conception, la création et la gestion du réseau de chaleur et de froid ZAC GRAND-MATABIAU QUAIS D'OC.

17 octobre 2021 - Parution d'un seul article de presse sur le site Actu Toulouse (+ un article publié le 10/11 sur le site Immo9).

20 octobre 2021 - Réunion d'information organisée par la mairie, elle est annoncée de la veille pour le lendemain aux habitants.

Décembre 2021 - les habitants soutenus par le comité de quartier informent le maire de leurs réticences vis à vis du projet par courrier et demandent la tenue d'une réunion publique

23 décembre 2021 - Parution de l'avis d'appel d'offre pour la Concession de service public pour la construction, le financement, l'exploitation et la maintenance du réseau de chaleur et de froid du quartier Grand Matabiau Quais d'Oc sur la commune de Toulouse. 

10 février 2022 - la Réponse de Jean-Luc Moudenc apporte des précisions mais ne tranquilise pas les riverains qui décident d'alerter leurs voisins.

12 mars 2022 - réunion d'information organisée par les riverains : plus de 50 personnes sur le skatepark menacé par l'installation de la centrale biomasse.

16 mars 2022 : réunion publique organisée par la mairie de Toulouse à la demande du Comité de Quartier Minimes Barrière de Paris. Elle réussit à rassembler une centaine d'habitants bien qu'elle se déroule un mercredi à 14h.

02 avril 2022 : Rassemblement sur le skatepark organisé par les riverains. Les habitants de Borderouge et 3 cocus décident de s'organiser pour créer un comité de quartier.

20 avril 2022 : Journée de quartier - Jean-Luc Moudenc est en visite dans le quartier :il faudra 3h aux riverains pour réussir à le trouver et l'interpeller sur la question majeure qui agite le quartier. Réponse : oui il y a peut-être eu une erreur dans le choix du lieu mais non vous n'aurez pas de réponse tant que les négociations pour l'attribution du marché ne seront pas terminées.

11 juin 2022 : 2ème rassemblement sur la skatepark - Occupation festive avec pique-nique et pêche au canard. Maxime Boyer vient à la rencontre des habitants pour répéter qu'ils ne peuvent rien dire tant que les négociations pour l'attribution de l'appel d'offre ne sont pas terminées.

22 juin 2022 : Assemblée générale constituante du Comité de quartier Borderouge - Izards - 3 Cocus

8 juillet 2022 : Réponse du maire - une réponse standard est adressée à tous les habitants qui l'ont interpellé par courrier (quelques uns sont à lire ici) entre deux canicules...

24 septembre 2022 : 3ème rassemblement sur le skatepark (voir le résumé, photos et vidéos).

28 septembre 2022 : le maire du quartier 3.3, Maxime Boyer envoie un long mail aux habitants ressassant les arguments en faveur du projet et annonçant son déplacement sur la zone économique d'Atlanta.

Courrier information réseau de chaleur et de froid secteur nord de Toulouse

Appel d'offre

Télécharger le dossier de consultation des entreprises ci-dessous (zip - 170Mo)

Tract diffusé par les premiers riverains mobilisés

Une chaufferie biomasse, c'est quoi ?

Une chaufferie biomasse est un équipement industriel qui utilise la chaleur produite par la combustion de biomasse... d'une masse de biomasse. Ici, on parle d'une chaufferie d'une puissance de 8MW couplée à une chaufferie au gaz d'une puissance de 20 MW "en complément et renfort" qui nécessite la livraison de 1 à 3 camions de 38 tonnes de combustible par jour selon la saison (l'installation assurant la fourniture d'eau chaude sanitaire, elle brûlera même en été).

Le terme biomasse englobe une large variété de matières combustibles allant des plaquettes forestières, composées de broyats de bois, aux différents types de déchets biodégradables en provenance de l'agriculture, de l'industrie du bois et des ménages. Une visite de la chaufferie de Blagnac organisée par la mairie pour tenter de rassurer les premiers habitants a permis à ces derniers d'observer les traces de déchets de chantier dans le mix à brûler avec notamment des gaines électriques et du bois traité. À l'inquiètude quant aux émissions polluantes de la combustion du bois, est finalement venu s'ajouter la crainte d'être exposés aux émanations d'un incinérateur à déchets.

Quelques images glanées sur internet pour voir à quoi ça ressemble sans les habillages prévus dans les prescriptions architecturales de l'appel d'offre.

Du bon usage des chaufferies biomasse

Le Cerema, établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, accompagne les collectivités territoriales pour l’élaboration, le déploiement et l’évaluation de politiques publiques d’aménagement et de transport. Le pôle qui s'intéresse aux réseaux de chaleur et de froid identifie précisément les pistes de développement pour les réseaux de chaleur biomasse qu'il juge pertinente :

  • la substitution d’énergies fossiles par le bois dans des réseaux anciens ;
    En remplacement de l'incinération de charbon ou de déchets ménagers par exemple.
  • la poursuite du développement des petits réseaux en zone peu dense;
    Par petits réseaux le CEREMA parle de réseaux de 1 à 4MW au plus. Le terme de zone peu dense ne fait sûrement pas référence au tissu urbain au coeur d'une métropole qui pratique à la fois la densification et l'étalement.

(source : https://reseaux-chaleur.cerema.fr/espace-documentaire/reseaux-chaleur-biomasse)

vue aérienne tour occtianie zac grand matabiau quai d'oc

La ZAC Grand Matabiau Quai d'Oc c'est quoi ?

C'est un projet d'urbanisme colossal également connu sous le nom de TESO Toulouse Euro Sud-Ouest qui vise à transformer le secteur de la gare Matabiau en quartier d'affaire. Le projet porté par Europolia prévoit la création de 496 821 m² de surface plancher sur 135 Ha répartis comme suit :

  • 50% de bureaux : 261 439 m2
  • 35% de logements : 180 306 m2 pour 2594 logements
  • 15% de de commerces et divers (55076 m2 )

Au coeur de ce projet, la Tour Occitanie, tour de 38 étages et 153 m de hauteur prévoit d'accueillir 15 475 m² de bureaux, 2 225 m² de commerces, un hôtel de 5 800 m² , un bar/restaurant, un spa et 11600m2 de logements dont 0% de logement social.

Le projet de la ZAC Grand Matabiau Quai D'Oc est largement contesté :

  • pertinence de créer des bureaux alors qu'on recense un nombre considérable de bureaux vacants dans l'agglomération (environ 240000 m2 de bureaux vides recensés en 2021)
  • La crainte d'une ville à deux vitesses : le remplacement d'un quartier populaire par un quartier d'affaire aux coûts prohibitifs qui présage d'une ségrégation sociale avec les classes populaires qui se trouvent repoussées en périphérie de la ville... à peu près au même endroit que les équipements polluants ?
  • L'empreinte écologique du projet et notamment de la Tour Occitanie, géant de béton, d'acier et de verre qui prévoit d'accueillir une forêt suspendue dont tout le monde sait qu'elle ne fera pas long feu (!), à commencer par le promoteur qui refuse de s'engager au delà de 10 ans sur le maintien en vie de la végétation
  • ...

Et la biomasse dans tout ça ?

Le réseau de chaleur et de froid s'impose comme une évidence dès le début mais la question de son alimentation est à l'étude. Elle explore en priorité la possibilité de le raccorder aux réseaux existants (offrant la possibilité de diversifier les sources d'alimentation) et l'opportunité d'exploiter un terrain favorable pour la géothermie superficielle conduite par Efficacity. Si la possibilité d'une chaufferie biomasse est parfois évoquée en complément d'autres sources, elle n'est jamais suggérée comme solution exclusive. Le choix d'une centrale à biomasse apparaît comme une résignation, un choix par défaut, un renoncement à l'ambition écologique du projet. Le fait de l'installer à distance de la ZAC évoque logiquement des craintes chez les habitants à qui on impose son voisinage.

Émissions polluantes

L'implantation d'un incinérateur dans le tissu urbain soulève des inquiétudes légitimes. Limite des filtres aussi performants soient-ils, incohérence avec la mise en place de la ZFE (zone à faible émission), absence de bénéfice pour les riverains les plus exposés aux nuisances (en raison de bâtiments inadaptés au raccordement)... difficile de rendre acceptable un projet de cette nature au bénéfice du quartier voisin. La découverte du souhait de la mairie de voir cette installation implantée sur un terrain en coeur de quartier à proximité d'habitations et d'établissements scolaires a déclenché l'indignation et suscité la défiance jusque chez les habitants qui accueillaient au départ avec bienveillance le projet annoncé.

Les vents tournent

Les premiers documents de présentation prétendaient rassurer les riverains en symbolisant les vents par une double flèche parfaitement alignée sur le tracé de la voie ferrée... Une simplification abusive qui a beaucoup contribué à agacer les riverains. Les références ne manquent pas pour observer la diffusion des émissions polluantes à Toulouse. Dans tous les cas, on observe effectivement un axe nord-ouest / sud-est. En transposant le relevé des dispersions de Ginestou sur le terrain choisi chemin de Gramont, on peut voir que les retombées s'étendent de Balma à Croix Daurade. Si  les retombées des émissions polluantes se concentrent autour des installations, elles participent de la dégradation de la qualité de l'air à l'échelle de la ville et concernent tous les toulousains parce que oui les vents tournent.

Carte dispersion particules fines autour de l'incinérateur de Ginestou

Extrait d'une étude réalisée par l'ATMO sur les retombées polluantes de l'incinérateur de Ginestou

zone de surveillance mise en place par l'ARS suite à la découverte de la pollution au plomb autour de STCM

Zone de surveillance délimitée par l'ARS pour le suivi des toulousains exposés à la pollution au plomb STCM

transposition des études réalisées à ginestou sur l'hypothèse de la création d'une centrale biomasse boulevard Atlanta

Transposition de l'étude réalisée à Ginestou sur l'hypothèse de la création d'une centrale biomasse boulevard Atlanta

Les raisons de s'inquiéter pour les territoires environnants

Dans l'appel d'offre émis par Toulouse Métropole, les exigences quant à la provenance du combustible semblent extrèmement faibles. Elles se limitent à demander un minimum de 40% issus de forêts gérées durablement avec des labels PEFC et FSC.... Quand on sait que ces labels n'empêchent ni la pratique des coupes rases, ni les replantations en monoculture de résineux, on est d'autant plus inquiets de savoir de quel type d'exploitation proviendront les 60% restants ?

Du côté des territoires ruraux, on voit se multiplier le nombre d'associations qui alertent sur l'industrialisation des forêts (SOS forêt Dordogne, Touche pas à ma Forêt, etc.). En cause, une transition énergétique qui semble se limiter à vouloir remplacer les énergies fossiles par la biomasse sans prendre le temps de s'interroger sur les équilibres écologiques et économiques, ni les limites du gisement, et négligeant l'objectif prioritaire de sobriété. Le débat est porté au niveau national par la très dynamique association Canopée Forêt vivante et sa campagne pour la défense dees forêts françaises.

Quel impact sur la biodiversité et les paysages ?
Pour l'heure, le renforcement de l'exploitation des forêts se traduit par la multiplication des coupes rases (pratique désastreuse pour les sols) et le remplacement des peuplements de feuillus par plantations de résineux (plus rentables).

Quel impact sur la pérennité de la ressource et le prix du bois ?
On l'a vu avec les pellets, les incitations massives des collectivités impactent les prix et la disponibilité des ressources. Toulouse métropole se vante d'être en capacité de négocier les tarifs... qu'adviendra-t-il pour les autres ? Comment s'assurer que les habitants des zones rurales qui se chauffent au bois ne subissent pas l'impact de la déstabilisation des prix et puissent continuer à accéder à cette ressource. (La question se pose déjà pour la biomasse issue des exploitations agricoles avec les méthaniseurs qui détournent des denrées alimentaires avec des tarifs plus attractifs que ceux de la filière agro-alimentaire.)

Des ressources à préserver

photo d'exploitations forestières prélèvement intelligen vs coupe rase

Pour rester à peu près crédible des points de vue de la limitation des émissions de CO2 et de l'indépendance vis à vis des énergies fossiles, l'approvisionnement en biomasse doit se faire dans un rayon restreint. En réunion publique, le représentant de l'ADEME parlait d'un rayon de 100km. On comprend que cette ressource doit être ménagée. La métropole aussi semble-t-il puisqu'en parallèle, le raccordement des réseaux de chaleur de Purpan et Rangueil à celui du Mirail s'appuie sur cet argument : valoriser la chaleur "fatale" d'autres réseaux pour préserver la biomasse, notamment en été quand les besoins sont réduits...

Pertinence du projet global ? Pérennité des ressources ? Impact pour les riverains ? Impact aux alentours de Toulouse ? Justice sociale ? Après des mois à creuser ces questions, les riverains du skatepark Ernest Renan sur lequel Toulouse Métropole aurait aimé construire la centrale biomasse de la ZAC Matabiau Quai d'Oc, sont plus sensibilisés aux questions de la transition écologique et du greenwashing que jamais ! Autant dire que le fait que les industriels aient finalement choisi un terrain plus près de la rocade est loin de calmer leurs inquiétudes et qu'ils sont bien décidés à accompagner les riverains du nouveau terrain qui souhaitent se mobiliser contre ce projet et la façon dont il est imposé aux habitants.

Transition énergétique vs transition écologique ?

En fait de transition écologique, ce projet semble au contraire illustrer l'impasse d'une transition énergétique conduite sans précaution ni ambition. Ici, la production d'énergie renouvelable ne vient pas réduire la dépendance aux énergies fossiles puisqu'elle vient couvrir de nouveaux besoins. D'une certaine façon, on peut même considérer qu'elle la prolonge vu que les énergies fossiles sont nécessaires à l'exploitation de la biomasse forestière, à son acheminement mais aussi à sa combustion.

Par ailleurs, l'installation va permettre de fournir une énergie moins chère à des bâtiments que leur destination (50% bureau, 15% commerce) prédispose au gaspillage énergétique. En fait de capacité à remplacer des installations existantes fonctionnant aux énergies fossiles, les rares bâtiments identifiés qui seraient raccordables sont des passoires thermiques : une énergie moins chère aurait donc pour effet positif d'améliorer le confort des résidents, ce qui est une bonne chose mais ne contribue aucunement aux objectifs de sobriété nécessaires à une transition écologique.

Interview de Jean-Baptiste FRESSOZ, historien des sciences, des techniques et de l'environnement et chercheur au CNRS, à propos de la transition énergétique

Le greenwashing, c'est quoi ?

Le greenwashing est une méthode de marketing qui consiste à communiquer auprès du public en utilisant l'argument écologique.

Quelques exemples de procédés du greenwashing :

une fausse exclusivité : s'affirmer comme un acteur engagé alors qu'on ne fait que répondre à une obligation légale.

• une promesse disproportionnée : Toulouse Métropole vante un projet qui va permettre d'économiser 6000t de CO2/an en omettant de préciser que ces économies ne se font pas sur les émissions actuelles mais sur les nouvelles émissions générées par un autre de ses projets... Derrière l'effet d'annonce, le bilan de l'action de la métropole avec la création de la ZAC MAtabiau Quai D'Oc reste au final une augmentation conséquente des émissions de CO2 (sans parler des polluants liés au procédé de la combustion (Nox) et ceux plus spécifiques propres à la combustion du bois (HAP)).

• Des informations insuffisantes. On ne connaît pas le détail des calculs qui aboutissent à ce total de 6000€t/an. Il s'appuie à priori sur la supposé neutralité carbone du bois énergie, cela signifie concrètement que ces 6000t seront émises mais qu'on ne les compte pas parce qu'on peut espèrer les voir recapturées par les forêts qui repoussent... à l'échelle d'une vie humaine... peut-être... Le chiffre ne dit pas non plus si ce calcul tient compte du fait que les arbres poussent moins vite à cause de la hausse des températures et de stress hydriques répétés..

Conseil de lecture

Greenwashing : manuel pour dépolluer le débat public

ouvrage collectif publié aux éditions du Seuil, sous la direction d’Aurélien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières.

[...] Alors que l’enjeu écologique est décisif, nous avons un besoin urgent de clarifier les débats sur le sujet. Le greenwashing est ce qui nous en empêche. Évoquant tour à tour un verdissement de façade, la récupération d’un discours environnementaliste vidé de sa substance, la mise en place d’innovations aux effets « écologiques » douteux, il biaise le débat public et empêche des choix démocratiques éclairés.[...] ce manuel d’autodéfense intellectuelle permet d’appréhender le greenwashing dans toute son ampleur. Trente-cinq scientifiques et spécialistes de ces questions révèlent les fausses promesses, les illusions rassurantes et les formes d’enfumage qui nous enferment dans des trajectoires insoutenables. Un outil essentiel pour ouvrir la voie aux bifurcations nécessaires.

Cliquez sur la vignette pour regarder l'intervention sur facebook watch

Le 14 octobre 2022, une vingtaine d'activistes d'ANV COP21 et des Scientifiques en Rébellion occupent la salle des Illustres du Capitole pour dénoncer le greenwashing du Forum Toulouse Zéro Carbone

Extraits choisis :
- "mettre en avant des solutions technologiques sans évoquer leurs limites [...] laisser croire qu'avec ces solutions on va pouvoir continuer le même modèle en le rendant propre à la hauteur des enjeux et pendant le laps de temps qui nous incombe pour cela, ça c'est un gros mensonge",
- "l'enjeu ce n'est pas de produire plus d'energies renouvelables, l'enjeu numéro 1 c'est de stopper l'exploitation des energies fossiles"...

Pour aller plus loin

Inscrivez-vous à la liste d'envoi pour être informé de l'évolution du projet

Le collectif de riverains à l'origine de ce site rassemble des associations et habitants des quartiers 3.1 et 3.3 soutenus par le comité de quartier Minimes - Barrière de Paris, le tout nouveau comité de quartier Borderouge - Izards / 3 cocus et le comité de quartier Agir pour Croix Daurade.