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Conférence publique
Particules ultrafines : quels impacts sur notre santé et notre environnement ?

Jean-Baptiste Renard, chercheur au CNRS et membre du comité scientifique de l'association Respire a animé une conférence au Hangar de La Cépière à Toulouse le 17 juin 2025 : "Les dangers du chauffage au bois et des chaufferies biomasse : un enjeu sanitaire majeur".

Support visuel

PDF (2,96Mo)
  • Qu’est ce qu’une particule fine ?
  • Risques pour la santé
  • Le chauffage au bois, une (fausse) bonne idée pour le climat
  • Le chauffage au bois, un effet délétère pour la santé

Enregistrement audio

MP3 (72.3Mo)


intitulé de la conférence de Jean-Baptiste Renard

Communiqué de presse post conférence du Collectif 4C

Mardi 17 juin le Hangar faisait une fois de plus salle comble !
Les opposants au projet d'une chaufferie au bois à La Cépière, toujours très mobilisés, étaient venus nombreux pour la conférence de Jean-Baptiste RENARD, directeur de recherches au CNRS à Orléans et membre du comité scientifique de RESPIRE. Ce spécialiste de la pollution de l'air par les particules fines et ultra-fines issues de la combustion des déchets dans les incinérateurs ou du bois dans les chaufferies industrielles avaient tous les arguments pour démontrer leurs nuisances.
En s'appuyant sur des données scientifiques incontestables Jean-Baptiste RENARD démontre les conséquences néfastes pour la santé des riverains de ces polluants qui échappent aux filtres des usines. Ces particules passent sous les radars des mesures officielles et des normes, puisqu'elles ne sont pas mesurables.... donc, elles n'existeraient pas ! C'est la thèse défendue par les industriels et les élus qui choisissent ces systèmes pour alimenter les réseaux de chaleur urbains à Toulouse.
Les arguments de ce chercheur ont convaincu les personnes présentes à sa conférence de s'opposer à l'implantation d'une chaufferie à bois à La Cépière tout en proposant d'autres solutions pour le chauffage des logements collectifs.
Dans la salle, étaient présents des riverains de cette éventuelle future usine réunis sous la bannière du collectif 4C, des membres des comités de quartier Fontaine Lestang, Pech-Arènes, 7 Notre Quartier, Agir pour Amouroux, Agir pour Croix Daurade, l'union des comités de quartier mais également l'élu municipal d'Archipel Citoyen, Maxime LE TEXIER qui a pu annoncer que l'appel d'offres pour La Cépière était suspendu.
C'est donc une affaire à suivre qui laisse un peu de temps aux opposants pour affuter leurs arguments et leurs actions.

Les particules ultrafines, c'est quoi ?

Les particules ultra-fines, ultrafines[1], PUF (ou UFP pour ultrafine particles en anglais) ou encore PM0,1[2] sont des particules de taille nanométrique (moins de 0,1 μm ou 100 nm de diamètre) ; si petites qu’elles se comportent comme des gaz[3] [...]

Les PUF contribuent très peu à la masse globale des polluants de l'air, mais elles sont dominantes en nombre[4] et leur rôle est majeur dans les effets des pics de pollution et de la pollution chronique, en raison de leur quantité, de leur surface spécifique et de leur capacité à pénétrer profondément dans le poumon puis à traverser la barrière pulmonaire. Dans le domaine de la santé environnementale, c’est une catégorie majeure de polluant, en termes d'exposition respiratoire à la pollution, et d’effets sur la santé[5].

Bien plus petites que les classes de particules réglementées (PM10 et PM2,5) et bien qu’elles soient suspectées d’avoir des effets graves sur la santé (car bien plus agressives à masse égale que les classes de particules plus importantes), elles ne sont pas encore réglementées[6].

Le sujet des particules ultrafines à Toulouse

Il fut un temps où l'on a pu espérer le début d'une réflexion sur la question des particules ultrafines à Toulouse :

  • Lors du conseil métropolitain du 16/02/23, M. Moudenc promettait d'être plus attentif à ce sujet  : « [...] nous avons bien noté qu'au-delà des particules fines, il fallait regarder plus spécialement les particules ultra-fines qui est un sujet qui aujourd'hui prend une grande ampleur dans tous les débats sur ce thème là dans notre société. [...] » 
  • En février 2024, M. Cholet disait précisément "Il faut accroitre la connaissance sur les particules ultrafines. Toulouse investit dans la biomasse[...]" lors de la table ronde "Black carbon et particules ultrafines : surveillance, recherches et impact santé" des Rencontres Internationales Air & Santé 2024 organisée par l'ATMO.

Et depuis ? Silence... Les élus semblent s'appliquer à ne pas répondre aux questions posées à ce sujet.

  • M. Trautmann assume en réunion publique de ne pas s'intéresser à ces particules à défaut de cadre légal.
  • Interrogés très précisément sur le sujet des PUF par Aymerick Deheurles élu de l'AMC lors du conseil métropolitain du 12/12/24, M. Trautman et M. Cholet (responsable de la qualité de l'air) ont simplement omis de répondre à la question posée pour se réfugier derrière la promotion de la performance des filtres industriels sans jamais parler des particules ultrafines.

Qui est Jean-Baptiste Renard ?

Jean-Baptiste Renard est physicien et directeur de recherche au CNRS, rattaché au Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement et de l’Espace (LPC2E) à Orléans. Spécialiste reconnu des aérosols atmosphériques, il s'intéresse particulièrement aux particules ultrafines, dont la taille inférieure à 0,1 µm les rend particulièrement dangereuses pour la santé humaine.

Travaux récents et publications

Parmi ses publications notables figure une étude parue en 2022 dans Science of The Total Environment, coécrite avec Isabella Annesi-Maesano, qui établit une corrélation entre les pics de pollution aux particules PM2,5 et la surmortalité liée au Covid-19 en Europe de l’Ouest entre 2020 et 2022. L'étude démontre que la mortalité augmente significativement lors des épisodes de pollution intense, avec une hausse estimée à environ 10 % par microgramme supplémentaire de PM2,5 par mètre cube d'air .

Il a également publié un article dans The Conversation en 2024, alertant sur l'exposition accrue aux particules fines dans le métro parisien. Les campagnes de mesure dans le métro ont été réalisées avec le capteur LOAC (Light Optical Aerosol Counter), qu'il a co-développé, pour obtenir des données précises sur la taille et la concentration des particules. Dans cette article, il souligne le fait que les particules PM1, représentant 99,5 % des particules mesurées, sont peu détectées par les systèmes de mesure traditionnels, ce qui rend leur surveillance difficile.

Engagements et collaborations

Jean-Baptiste Renard est membre du conseil scientifique de l'association Respire, dédiée à la qualité de l'air. Il collabore également avec des entreprises telles qu'Aerophilee SAS, spécialisée dans les dispositifs de dépollution pour grands volumes, ainsi qu'avec Pollutrack et MeteoModem, qui développent des compteurs d'aérosols .
Son expertise est régulièrement sollicitée pour informer les politiques publiques et sensibiliser le grand public aux enjeux de la pollution atmosphérique, notamment en milieu urbain.

Rendez-vous le 17 juin au Hangar de La Cépière pour profiter de l'expertise d'un scientifique fiable et engagé !