Les courriers des habitants

Nous regroupons ici les courriers envoyés par les habitants des quartiers Borderouge et Minimes à Jean-Luc Moudenc et à divers élus. Courriers collectifs ou individuels, ils donnent à voir les inquiétudes, similaires ou particulières, les agacements idem. Loin d'être redondants, ils se complètent et s'enrichissent. Ils apportent des informations nouvelles et/ou des points de vue particuliers.

Courrier (magistral !) d'Axel Renoux

Plus qu'un courrier, c'est une démonstration en 18 pages qu'Axel a transmis largement à tous les élus concernés par le projet le 15 avril 2022. Il documente en détails le risque sanitaire et l’injustice de ce projet.
La première partie du courrier montre l’ampleur de la zone où se déposeraient les émissions polluantes rejetées par la chaufferie biomasse Matabiau. La deuxième partie de ce courrier rappelle la nocivité de ces émissions polluantes. La dernière partie souligne l’absence de bénéfice du projet pour les riveraines et riverains du 9 rue Ernest Renan, qui n’en subiraient que les désagréments.
C'est documenté, c''est argumenté, c'est précis, c'est précieux... ça vaut la peine de prendre le temps de le lire !
 

Courrier du Comité de Quartier Minimes Barrière de Paris

Courrier transmis le 14/04/22 en soutien aux habitants et riverains du quartier qui demandent l'abandon définitif du projet à Monsieur Jean-Luc MOUDENC, Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole

Courrier de Thierry

Monsieur le Maire,
Avec toute ma sympathie depuis des années, je me permets pour la première fois de vous interpeller sur un projet de la métropole. Les mutations s’accélèrent, bousculent, fragilisent nos organisations et engagent des décisions (politiques, scientifiques, économiques…) qui sont délicates pour tous mais surtout pour les élus au regard du peu de visibilité ou encore de la part d’instabilité des données ou des études.
Les lois de la modernisation publique territoriale et celles de l’énergie-climat permettent et demandent aux collectivités l’extension des réseaux de chaleur et de développer de nouveaux réseaux.
Dans ce contexte, le projet de réseau de chaleur rue Ernest Renan pour alimenter la ZAC Grand Matabiau répond à cette nécessaire transition énergétique et écologique même si la biomasse forestière dans la gestion aléatoire actuelle pourrait entraîner une dette carbone.
Cependant mes remarques à ce jour comme celles de nombreux habitants, concernent le site d’implantation qui ne semble pas de nature à recevoir une centrale de biomasse de cette taille ou de cette capacité de production d’énergie. Pour une majorité des autres agglomérations les sites de production des réseaux de cette taille sont sur des zones bien moins dense en population et en équipement collectifs et disposent d’infrastructures routières adéquates. A titre d’exemple, les trois sites de la métropole de Tours sont sur des zones industrielles ou de proximité avec les grandes zones commerciales périphériques et les grands axes routiers dont deux sites sur des communes voisines.
Je suis très surpris et même en colère que vos services puissent projeter ce type d’équipement entre les quartiers de coeur de vie que sont les Minimes et Borderouge à moins de discriminer les quartiers du Nord de la ville ou de s’appuyer sur un zonage totalement étranger à un environnement de crèches, d’écoles, de lycées, de commerces, d’habitations collectives et résidentielles et d’une prochaine station de métro… sans lien avec des activités industrielles si ce n’est le passage de la voie ferrée. De plus ce site est en zone à faibles émissions censée améliorer la qualité de l’air et surtout la santé de la population si je reprends les termes de la communication de la métropole.
Si la proximité de ce site avec celui du Grand Matabiau convient à vos services sans autre considération au regard de leur propos peu respectueux envers les habitants ou d’arguments irraisonnés, je compte avec toute ma sympathie sur votre bienveillance pour une nouvelle étude de site d’implantation.
Je vous en remercie très sincèrement pour tous.
Avec tout mon respect.

Courrier d'Élodie

A l'attention de M.Jean-Luc Moudenc

Je viens d'apprendre avec consternation le projet d'implantation d'une centrale biomasse à la place du Skate Park au 9 rue Ernest Renan à Toulouse.

Je suis propriétaire dans ce quartier et je trouve aberrant le choix d'implantation d'un tel projet industriel dans ce quartier résidentiel. Cette centrale biomasse va être source de nombreuses nuisances pour les riverains, nuisances vérifiées par les centrales biomasses d'autres localités déjà en activité. En voici un petit florilège qui démontre que la qualité de vie des riverains sera dégradée de manière significative :

  • La centrale biomasse est un danger pour la santé :
    • Elle entraîne une augmentation de la pollution aux particules très fines, nuisible pour la santé des riverains car ces particules pénètrent profondément dans les bronches, les filtres ne permettant pas de garantir 100% de filtration des fumées,
    • Des poussières de bois sont inévitablement disséminées par les camions avant, pendant et après déchargements, mais aussi par ceux pour qui transporteront les cendres produites - une nuisance de plus pour tous les riverains et notamment les personnes ayant des problèmes pulmonaires (asthme, allergies, covid...),
    • Les bruits engendrés par le va et vient des camions qui apporteront le bois mais aussi ceux liés au fonctionnement de la centrale elle-même sont également une nuisance à considérer, sachant que le bruit impacte notre santé à plusieurs niveaux sur le moyen et le long terme : problèmes de sommeil, augmentation du niveau de stress, anxiété, problèmes cardiovasculaires, IMC plus élevé...
    • La combustion de bois traités, vernis ou peints entraine des émanations toxiques inévitables
  • La centrale biomasse est un également un danger pour le climat, la combustion du bois étant plus émettrice de CO² que n'importe qu'elle autre énergie et contribuant à la déforestation, alors que la première cause de réchauffement climatique est l'augmentation des taux de gaz carbonique et de méthane dans l'atmosphère.
  • De plus, la centrale biomasse est un danger pour l'environnement : augmenter la fréquence de passage de camions dans une zone à faible émission me semble être une aberration

Par ailleurs, quid des risques d'incendie ? Quid du traitement des cendres ? Quid de la gestion du bruit généré par un tel bâtiment industriel et les camions ? Qui des odeurs émanant des fumées et de la centrale ? Quid de la pollution engendrée par un tel site de production ? Quid des fumées, particules et bruits en cas de dysfonctionnement ou mauvais entretien de la centrale biomasse ?

Mes inquiétudes sont fondées par de nombreux articles étayés par des scientifiques et des médecins, et par des témoignages de riverains vivant proches de ces centrales biomasse actuellement. Pour plus d'informations, je vous propose de lire les quelques articles ci-dessous. De nombreux autres étant facilement accessibles sur Internet :

  • Article publié par Reporterre, le quotidien de l'écologie en 2021 – alertant sur les dangers pour la santé des centrales biomasse: à lire ici.
  • Lettre publiée en 2018 dans la revue Nature par des chercheurs du GIEC, alertant sur les dangers pour le climat des centrales biomasse : à lire ici.

Mes inquiétudes sont légitimes et confirmées par la réalité des centrales biomasses déjà implantées en France : voir Le scandale de la chaufferie de la Minais.
 
Monsieur le Maire, au nom de la qualité de vie et de la santé de vos concitoyens, pouvez-vous envisager un autre site d'implantation pour cette centrale biomasse svp ? Un site d'implantation plus propice doit pouvoir être trouvé par la mairie, quitte à revoir les scénarios déjà envisagés.

Cette centrale biomasse est destinée principalement au chauffage du secteur Grand Matabiau, pour desservir principalement des bâtiments tertiaires et des commerces alors qu'elle sera implantée dans un quartier résidentiel et éducatif. Ce projet est loin d'être vertueux comme il s'en fait l'éloge politiquement en dégradant un cœur de quartier résidentiel, arboré et tranquille. N'est-il pas possible de l'implanter au cœur du grand Matabiau ? Ou bien à proximité d'une zone industrielle ou du périphérique, ou de la déchetterie ? Ou bien sur les parcelles de la SNCF ?  La municipalité de Toulouse n'a-t-elle pas d'autre choix que de sacrifier ce cœur de quartier concomitant au profit du Grand Matabiau ?

En espérant sincèrement que ma colère et mes inquiétudes seront entendues et que vous mettrez tout en œuvre pour trouver un autre site d'implantation à cette centrale biomasse, je vous présente mes sincères salutations.

Mme B.

Courrier collectif des locataires et proprétaires du domaine Borderouge

Mesdames, Messieurs,

Propriétaires et locataires dans une résidence de 38 logements située 17 et 19 avenue Maurice Bourges-Maunoury, nous vous interpellons au sujet du projet d’installation d’une chaufferie biomasse dans le quartier Borderouge Sud/Minimes.

Tout d’abord, nous nous étonnons que vous ayez omis de consulter les habitants directement concernés par un projet d’une telle importance, mais aussi de la communication tardive et restreinte de votre projet. Vous comprendrez notre consternation lors de la découverte d’un tel projet.

Nous vous rappelons que Toulouse Métropole a défini des objectifs dans son Plan Climat dont le premier est de « réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, objectif ambitieux mais nécessaire pour assurer l'engagement planétaire de Toulouse Métropole et contribuer ainsi pleinement au maintien du bien vivre des métropolitains ».

Si le RCU « Chaufferie Biomasse » élaboré par Toulouse Métropole, rappelle le Plan Climat-Air-Energie territorial, il a omis de préciser le facteur le plus important à nos yeux, à savoir le facteur humain et le bien vivre des métropolitains qui font partie de ce Plan. Le bien vivre des citoyens en est la finalité même. Or, l’implantation de cette chaufferie va à l’encontre de cet objectif du Plan. Notre préoccupation est le maintien du bien vivre des milliers de résidents habitant dans les quartiers impactés par ce projet.

Nous avons choisi de vivre à Borderouge Sud pour son cadre de vie agréable (le parc Maourine où se côtoient ses habitants, de nombreux sentes arborés et piétonniers, ses commerces de proximité rue Renan…) et également pour sa tranquilité et son calme. Or, votre projet va dénaturer la qualité de vie du quartier et cela n’a nullement été pris en compte dans vos études, ce qui est sidérant.

Au-delà des nuisances olfactives et respiratoires que peuvent faire craindre les émanations de la chaufferie –et contraire à l’un des 4 enjeux transversaux prioritaires du Plan Climat Air Energie à savoir « amélioration de la qualité de l’air pour la santé »- les appartements de l’avenue Maurice Bourges Maunoury supporteraient le bruit généré par le passage des camions en pleine nuit. Vous ne pouvez ignorer que les émissions sonores sont réglementées au même titre que les autres pollutions. Avez-vous évalué cette nuisance ? Nous n’accepterons pas que notre lieu de vie soit volontairement placé en dehors du cadre de protection.

De même, nous refusons que la vie sociale se désagrège : savez-vous que dans ce « cœur de quartier » sont installés nos commerces de proximité ? La terrasse de la boulangerie « O Rdv des délices » est un lieu de convivialité très fréquenté. Les boutiques de ce centre commercial voient augmenter leur fréquentation. Bien que nous ne vous soupçonnions aucunement de le vouloir, on ne s’y prendrait pas autrement si on voulait éteindre la vie sociale de cette zone de Borderouge.

Hormis le fait que cette implantation porterait atteinte à la valeur de notre patrimoine, l’offre de raccordement au réseau de chaleur prévu pour le quartier 3.3 aurait peu de chance de concerner nos immeubles puisque ceux-ci sont équipés en… tout électrique. Une étude approfondie l’aurait signalé.

Nous restons interrogatifs quant aux intérêts qui ont concouru à adopter l’implantation d’une chaufferie biomasse au milieu d’une zone de quartiers où vivent des centaines et des centaines de familles, au milieu de quartiers où crèches, écoles maternelles et primaires, collèges et lycées accueillent des milliers d’élèves.

La carte du périmètre du projet présentée lors de la réunion d’information du 19/10/2021 affiche des zones moins habitées et plus industrielles qui seraient beaucoup plus cohérentes pour accueillir une telle installation (notamment entre le boulevard d’Atlanta et la rocade).

Pour toutes ces raisons qui se rajoutent à celles déjà évoquées par les pétitionnaires, nous vous demandons de déplacer cette usine dans un lieu limite de la ZFE pour ne pénaliser aucune population.

Si nous soutenons la Mairie et la Métropole de Toulouse dans son souhait d’ « Etre un acteur majeur de la transition énergétique et écologique », nous n’acceptons pas que cela se fasse aux dépens des habitants de Toulouse.

Nous vous remercions pour toute l’attention portée à notre requête et vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de nos salutations.

Les 38 copropriétaires et les 13 locataires
de la résidence du Domaine de Borderouge
17 et 19 avenue Maurice Bourgès Maunoury - 31200 Toulouse

Courrier de Jean-Pierre Seran, ancien Président du Comité de Quartier Borderouge

Monsieur le Président et Maire,

Monsieur MOUDENC j’approuve en général vos décisions municipales, mais je ne sais qui a eu ce projet de centrale de biomasse implanté à Borderouge pour alimenter le secteur Matabiau, la gare, les galeries marchandes, les immeubles et bureaux de l’avenue de Lyon. C’est un choix inacceptable, la pollution chez nous, et un secteur Matabiau écologique, chacun sa merde.
Sur place, la partie industrielle à l’entrée de la gare Raynal est possible, usez en, déjà le terrain à l’entrée est plus grand que les petites parcelles préemptées de Renan.

 J’ai été informé hier de la réunion d’information qu’il y a eu aux Izards, loin de Borderouge, pour ne pas subir les colères, c’est raté. Depuis, par téléphone, par courriel, les habitants du quartier, choqués, en colère se mobilisent, me communiquent les tracts, les pétitions, ils ont raison.
Je me rétablis de mes séjours à l’hôpital mais cette situation me force à agir. Je m’adresse à vous car Mr Boyer, le Maire, que j’appréciais, ne répond jamais à mes courriers.

Je vais signer la pétition sur internet même si je sais que les pétitions finissent au bac à papier. Si l’enquête d’utilité publique n’a pas été prévue je vais l’exiger auprès du tribunal administratif et en préfecture, et ce même si ce type d’enquête est maintenant limité à internet. Maintenant que je  me rétabli, je saurais me faire enchaîner aux camions de chantier devant les caméras d’FR3, je suis décidé à m’opposer totalement à ce projet.

Pourquoi supprimer les sites de skate Park, et parcours BMX au sud de la rue Renan, aménagés par Danièle DAMIN qui fût une excellente Maire de quartier. Le seul terrain constructible est le petit parking SNCF au rond point. En face le centre culturel municipal l’Imprimerie, le résidentiel villageois, la zone commerciale fort active avec boulangerie, restaurant, produits fins, bureaux, boucherie, traiteurs, centres sportifs, services sociaux et d’emplois. Cette micro-usine que vous projetez, va bruler du bois, parfois de chantier ou de retraitement polluants (peintures, vernis ou pire), voire du gaz, cela n’a rien à faire à Borderouge.

Le projet d’offrir chauffage et air conditionné sur la zone de la gare, et avenue de Lyon pourquoi pas, mais pas en installant l’inesthétique et polluant chez les autres, il nous a fallu longtemps pour obtenir un sud Borderouge équipé et agréable, ne détruisez pas tout. Cette rue Renan est très utilisée entre le nord et les Minimes, les embouteillages y sont aussi fréquents qu’avenue Bourgès Maunoury, et la voirie étroite  n’est pas adaptée aux livraisons de camions de 38 tonnes.

Merci de revoir ce projet catastrophique, j’agis immédiatement auprès du tribunal administratif et la Préfecture, je relance les 130 membres du CQB, il faut agir.

Ces dernières années entre la municipalité socialiste et la triste incompétence de l’ex Maire de quartier Mme RONCATO il a été suffisamment fait d’âneries à Borderouge, c’est assez.

Monsieur le Maire veuillez recevoir mes meilleures salutations.

En espérant vous motiver à écrire à votre tour aux élus et/ou à nous transmettre vos courriers pour les ajouter à ceux déjà présents sur cette page !

Inscrivez-vous à la liste d'envoi pour être informé de l'évolution du projet

Le collectif de riverains à l'origine de ce site rassemble des associations et habitants des quartiers 3.1 et 3.3 soutenus par le comité de quartier Minimes - Barrière de Paris, le tout nouveau comité de quartier Borderouge - Izards / 3 cocus et le comité de quartier Agir pour Croix Daurade.